Le Grand Ensemble Orly-Choisy est un vaste complexe résidentiel situé à cheval sur les communes d’Orly et de Choisy-le-Roi (94). Construit dans les années 1950 et 1960 pour répondre à la crise du logement de l’après-guerre, il a, au fil des décennies, rencontré de nombreuses difficultés : perte de mixité, paupérisation, dégradation du bâti, isolement urbain. Face à ces enjeux, plusieurs programmes de renouvellement urbain ont été lancés au cours des trente dernières années. Celui lancé en 2019 dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) poursuit plusieurs objectifs : désenclaver le quartier, renforcer la présence de la nature et offrir un cadre de vie de qualité à une population plus diverse grâce à une offre de logements adaptés à chaque profil : logements sociaux, locatifs libres et logements en accession libre et en accession sociale à la propriété. Le projet concerne quatre quartiers distincts et prévoit notamment la création de plus de 1 100 logements ainsi que la déconstruction de 737 habitations.
Une maîtrise d’œuvre urbaine et sociale externe
Le tiers des démolitions concerne des immeubles de type LOPOFA (Logements Populaires et Familiaux), affichant un confort minimal et des loyers parmi les plus bas du Val-de-Marne. « Avec de tels loyers de départ, de fortes hausses étaient à prévoir pour les locataires concernés, déjà souvent fragiles, explique Valérie Paturot, responsable du pôle relogement de Valophis. Pour atténuer l’impact, nous avons veillé à ce que le prix au m² reste constant avant et après relogement. Nous avons par ailleurs eu recours à une MOUS (Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale) externe pour accompagner des ménages avec des profils complexes et divers (handicap, santé, situation sociale et économique difficile). »
« Les services de la Ville ont également été mobilisés pour chercher des solutions aux situations les plus délicates », ajoute Mohamed Aidouni, chef de service Habitat-Logement de la ville d’Orly. La seconde phase de relogement, débutée l’an dernier, porte sur 194 unités. « Elle s’annonce différente, précise Mohamed Aidouni. Dans ces immeubles, les loyers et les charges initiales sont plus élevés, le delta sera donc moindre pour les locataires. » Par ailleurs, les prestations déléguées à la MOUS pour la première étape ont été reprises en interne par Valophis, qui a constitué une équipe de six chargés de relogement, comprenant plusieurs professionnels du social.
Un rendez-vous personnalisé à domicile
« Cette nouvelle organisation nous permettra un accompagnement plus fluide et plus efficace au bénéfice de nos locataires, poursuit Valérie Paturot. Pour l’heure nous avons commencé l’enquête relogement par un rendez-vous personnalisé à domicile afin d’informer les locataires et de recueillir leurs besoins et leurs souhaits. Une charte co-construite avec la Ville est remise lors de cet entretien qui précise les engagements de chacun. C’est une étape décisive qui doit être menée avec minutie et bienveillance, car notre objectif est que la première proposition que nous ferons aux familles soit la bonne. »
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