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Cadre de vie

À Bastia, accompagner le changement et préserver les liens

Le renouvellement des cités des Lacs, des Monts et des Arbres place l’humain au cœur des priorités. Relogements accompagnés, suivi des habitants, dialogue continu : une approche concertée pour que chacun trouve sa place dans cette nouvelle page urbaine.

Vu dans en villes, le mag de l'anru

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D’ ici à quelques années, les quartiers sud de Bastia auront fait peau neuve grâce au programme de renouvellement urbain du quartier des cités des Lacs, des Monts et des Arbres. Celles-ci regroupent près de 750 logements locatifs sociaux construits entre 1965 et 1970, détenus par le bailleur OPH2C. « Le projet prévoit notamment la démolition de trois bâtiments de la cité des Monts, totalisant 104 logements, qui étaient jusque-là occupés, pour une large part, par une population vieillissante, avec des personnes habitant là depuis un demi-siècle, explique Emmanuelle de Gentili, première adjointe déléguée à la politique de la Ville au renouvellement urbain et à la vie de quartier. Nous avons vite compris qu’on ne pouvait pas simplement tourner la page et espérer que les locataires reconstruisent leur vie ailleurs. » 

L'implication sans faille de tous les acteurs

L’annonce des relogements a été difficile à accepter pour certains, et un groupe de locataires a monté un collectif pour faire obstacle à la démolition. Mais l’implication sans faille de tous les acteurs – bailleur, MOUS, médiateurs, élus – a permis d’apaiser progressivement les tensions. « Notre mot d’ordre : l’humain avant l’urbain ! Aller à la rencontre des locataires, les écouter, prendre en compte leurs incertitudes, leurs désirs mais aussi la réalité de leur situation administrative et financière. » 

Entre autres mesures les acteurs ont mis en place une « pré-commission » d’affectation qui a permis d’analyser les dossiers avant que les décisions ne soient prises et de veiller au passage à ce que les relogements soient vraiment prioritaires dans les affectations pour éviter les attentes trop longues. « Pour adoucir la transition, nous avons proposé des aménagements adaptés : ajouter une cuisine ou un parquet quand l’ancien logement en avait, ou encore attribuer un T3 plutôt qu’un T2 aux personnes âgées quittant un grand appartement familial. » 

Un suivi dans la durée

La mission de la MOUS (Maîtrise d’oeuvre urbaine et sociale) n’a pas pris fin avec le relogement. En effet, il a été décidé de suivre les personnes relogées dans la durée, même s’ils n’habitent plus dans le quartier. « Nous suivons également les familles restées sur place, car leur situation n’est pas forcément plus simple que celle de leurs anciens voisins », conclut Emmanuelle de Gentili.

Malika Assoufi, habitante de la cité des Monts à Bastia

« Il y a onze ans, j’ai emménagé dans un T3 de la cité des Monts. Ce devait être une solution provisoire parce que je vivais déjà avec mes trois enfants et l’appartement était d’emblée trop petit. Mais finalement, le provisoire a duré, malgré mes multiples demandes ! Alors quand j’ai appris le relogement, j’étais prête, contrairement à certains de mes voisins âgés qui étaient très tristes de partir. J’ai refusé les deux premiers appartements qu’on m’a proposés car leur emplacement ne me convenait pas, mais le troisième a été le bon. Aujourd’hui, nous vivons à quatre dans un T4 au sixième étage avec vue sur la mer, dans un quartier calme, suffisamment proche de notre ancien logement pour que les enfants n’aient pas à changer d’école. Je suis très contente de cette nouvelle vie. »

Malika Assoufi, habitante de la cité des Monts à Bastia

« Il y a onze ans, j’ai emménagé dans un T3 de la cité des Monts. Ce devait être une solution provisoire parce que je vivais déjà avec mes trois enfants et l’appartement était d’emblée trop petit. Mais finalement, le provisoire a duré, malgré mes multiples demandes ! Alors quand j’ai appris le relogement, j’étais prête, contrairement à certains de mes voisins âgés qui étaient très tristes de partir. J’ai refusé les deux premiers appartements qu’on m’a proposés car leur emplacement ne me convenait pas, mais le troisième a été le bon. Aujourd’hui, nous vivons à quatre dans un T4 au sixième étage avec vue sur la mer, dans un quartier calme, suffisamment proche de notre ancien logement pour que les enfants n’aient pas à changer d’école. Je suis très contente de cette nouvelle vie. »

Notre dossier sur le relogement

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