

Comment la CUD a-t-elle structuré la solidarité interbailleurs pour le relogement ?
Virginie Varlet : Nous avons mis en place un comité hebdomadaire réunissant tous les bailleurs concernés et notre équipe de relogement. Cela permet de partager en temps réel les offres mobilisables pour le relogement. La communauté valide ensuite ces offres en 48 heures, ce qui évite aux bailleurs des pertes d’exploitation liées à des logements vacants. Cette dynamique a été essentielle pour reloger déjà 900 ménages, dont 42 % grâce à l’interbailleurs.
Gyhane Hadouès : Cette solidarité s’est construite naturellement. Les sept bailleurs impliqués ont vite compris qu’il fallait jouer collectif. Cette coordination permet aussi un meilleur équilibre territorial du parc social.
Quels dispositifs accompagnent les ménages relogés ?
G. H. : Nous avons structuré une unité NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) avec des médiateurs expérimentés et un ratio précis : un équivalent temps plein pour 60 ménages par an. Cet accompagnement va au-delà d’un simple relogement. Nous réalisons un diagnostic social approfondi pour comprendre les besoins des ménages et les orienter vers des solutions adaptées, y compris en matière de mobilité, de rapprochement domicile- travail ou encore d’accès aux dispositifs d’aide de la CAF, du CCAS ou d’Entreprendre Ensemble pour l’accès à l’emploi et la formation.
V. V. : Cela permet aussi de mieux répondre aux attentes spécifiques, notamment pour des personnes âgées ou isolées. Nous avons ainsi relogé 22 % des locataires dans du neuf ou des logements récents tandis que 147 ménages ont emménagé dans un logement individuel. Le taux de satisfaction post-relogement atteint, quant à lui, 92 %.
Comment surmonter les freins au relogement ?
V. V. : Certains ménages peuvent être réticents, parfois par méfiance ou peur. Nous travaillons avec les représentants des locataires et mobilisons les communes et associations pour établir un dialogue. Dans certains cas, comme pour des habitants très âgés, nous avons adapté le projet urbain pour les maintenir dans leur logement. Ce type de décision humaine est essentiel.
Quels résultats et enseignements pour les collectivités ?
G. H. : À Dunkerque, 66 % des ménages ont été relogés hors des quartiers prioritaires de la ville, ce qui contribue à une mixité sociale. Environ 70 à 80 % des ménages ont pu rester dans leur commune d’origine, selon leur souhait. Ce ciblage précis est rendu possible par un travail minutieux : nous faisons une à deux propositions par ménage, en tenant compte de leurs besoins.
V. V. : Avec un taux d’avancement de 88 % et une fin de programme prévue pour 2026, nous sommes sur la bonne voie.
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