La transformation du secteur de Kerbernier est l’un des éléments phares du programme visant à introduire une plus grande mixité sociale. Elle prévoit la construction de logements, la réhabilitation de plusieurs immeubles, l’implantation de commerces et services de proximité ainsi que l’agrandissement du parc arboré situé au cœur de la cité. « Cette reconfiguration supposait la déconstruction de quatre immeubles totalisant 287 logements dont il a fallu reloger les locataires », explique Catherine Abiven, directrice de la proximité chez Brest Métropole Habitat (BMH).
Un accompagnement renforcé
Beaucoup d’appartements démolis étaient de petite taille et occupés par des personnes à faibles ressources. Un accompagnement renforcé a été mis en place avec une cellule relogement regroupant les travailleurs sociaux de la ville et du département et ceux de la commission d’accompagnement social et d’accès au logement (CASAL) ainsi qu’une référente de BMH dotée d’une expertise très fine du patrimoine immobilier de Bellevue. Le rôle de cette dernière : constituer les dossiers, identifier les logements les plus adaptés et assurer un suivi individualisé aux ménages concernés.
« Nous avons également mis en place des commissions d’attribution dédiées aux relogements. Ces derniers avaient la priorité à chaque fois qu’un appartement se libérait, poursuit Catherine Abiven. Par ailleurs, des espaces d’animation ont été aménagés dans des appartements libérés afin de créer du lien et de rassurer les habitants. Les trois gardiens de Kerbernier ont également joué un rôle clé pour instaurer un climat de confiance dans cette période de transition. » La principale phase de relogements est désormais achevée, tous les ménages ont été relogés dans le parc de Brest Métropole Habitat, dont 81 hors QPV et plus de 30 dans des appartements neufs ou de moins de cinq ans.
Réintégrer son appartement après les travaux
La seconde phase est également engagée et porte sur 30 logements situés dans un unique bâtiment. « Dix d’entre eux ne seront pas détruits, mais nous relogeons leurs locataires en raison des nuisances à prévoir liées à la démolition des cages d’escalier avoisinantes. Une personne nous a dit qu’elle aimerait réintégrer son appartement à l’issue des travaux et nous nous sommes engagés à accéder à ses souhaits ! » annonce Catherine Abiven.

Témoignage de Thierry Menguy, habitant
« Mes parents faisaient partie des pionniers de Kerbernier, ils sont arrivés ici au début des années 1960. Moi, je suis né dans l’appartement que je viens de quitter, j’y avais pris la suite de mes parents à leur décès. Ma cage d’escalier est la seule de l’immeuble qui ne sera pas démolie, mais il a tout de même fallu partir. Autant dire que ça a été un déchirement, même si je sais que c’est pour le bien du quartier et que je n’avais pas d’autre choix, de toute manière. J’ai déménagé il y a moins de quinze jours. Tout s’est fait très vite. Heureusement, BMH a pu me trouver un appartement dans mon quartier de toujours, à moins de 100 m de mon ancienne adresse. Ils ont été à l’écoute de mes besoins et j’ai pu emménager dans un T3 dont la disposition est quasi identique à celle que j’ai toujours connue. Pour l’instant, il est encore un peu tôt pour dire si je m’y sens bien, mais je pense que ça viendra. Et si ça n’était pas le cas, BMH m’a dit que je pourrais réintégrer mon ancien appartement à l’issue des travaux, mais ça n’est pas pour tout de suite. »
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